3H3 : Le monde depuis 1945

  • Après la 2GM, l’Europe ne domine plus le monde et un nouveau système mondial plus complexe émerge dont l’ONU doit assurer la paix.
  • Cela commence par la décolonisation qui voit l’émergence pacifique ou dans la douleur de nouveaux États.
  • Un nouvel équilibre des puissances se met en place entre 1947 et 1991. C’est la guerre froide qui est une bipolarisation du monde et un affrontement indirect idéologique, politique, culturel et stratégique entre les deux grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, les États Unis et l’URSS. La décolonisation voit pourtant l’apparition du Tiers Monde.
  • Dans ce contexte, l’Europe occidentale veut assurer une paix régionale et une reconstruction économique en s’unissant à travers la construction européenne.
  • Depuis la fin de la guerre froide et l’écroulement du bloc communiste, le monde est devenu multipolaire. Ce nouvel ordre mondial est dominé dans un premier temps par les États-Unis, une meilleure coopération à travers l’ONU et le développement de la démocratie libérale. Mais le monde connaît une grande période d’instabilité ce qui engendre conflits et développement du terrorisme. La hiérarchie des puissances a également évolué avec les puissances (ré)émergentes.

Quelles puissances dominent le monde après 1945 et quels conflits cela engendre-t-il ?

3H3 Monde depuis 1945 1

Diaporama du cours

I. 1945-1989 : un monde dominé par la Guerre Froide

 A. La Guerre Froide, une guerre idéologique et des blocs de puissance

 Je découvre

Je mets en pratique

 Activité 1 : la Guerre froide, où et quand ?

Se repérer dans l’espace et le temps

Dossier pp 94-95 + fiche 1

3H3.1

Activité 2 : la mise en place de la Guerre Froide

Analyser et comprendre un document

Doc 1 et 2 pp 96-97

Activité 3 : un exemple de crise de la Guerre Froide, le mur de Berlin

Pratiquer différents langages : rédiger

Dossier pp 98-99

Je note le cours

  • L’année 1947 marque la rupture de la Grande Alliance et la constitution de 2 blocs dont l’enjeu est la liberté de l’Europe :
  • Le bloc américain du monde libre selon la doctrine du président Truman de l’endiguement avec une aide économique appelée le plan Marshall lancé en 1947 et une alliance militaire l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) créée en 1949.
  • Le bloc communiste autour de l’URSS comprend les démocraties populaires d’Europe de l’Est et la Chine de Mao Zédong à partir de 1949 autour de la doctrine Jdanov. Il y a aussi une aide économique le CAEM (Conseil d’Assistance Économique Mutuelle) ou COMECON et une alliance militaire appelée Pacte de Varsovie créée en 1955.
  • La rivalité entre les deux superpuissances prend des formes multiples : confrontation de deux systèmes idéologiques, course à l’espace course aux armements, calculs géopolitiques, sport, art, culture… Elle suscite la naissance d’une culture de guerre froide, mais l’arme nucléaire n’est pas employée.
  • Le monde connaît plusieurs crises graves qui ne débouchent pas sur un conflit ouvert entre les deux Grands et paralysent l’ONU : c’est la Guerre froide. L’Europe a connu des crises en Allemagne à plusieurs reprises : blocus de Berlin en 1947-1948 qui aboutit à la création de la RDA et de la RFA, construction du mur de Berlin en 1961. La Guerre de Corée (1950-1953) ou la Crise des fusées à Cuba (1962) sont d’autres exemples de ces tensions internationales.
  • Les années 60-70 sont marquées par une certaine détente et la recherche d’une « coexistence pacifique » surtout entre Kennedy et Khrouchtchev. Par exemple, en 1972, les deux Grands décident de limiter leurs armements nucléaires par les accords SALT 1 (Strategic Armements Limitation Talks).
  • Les années 80 voient un regain de tension face à l’expansion du bloc communiste en Afrique ou en Asie : c’est la guerre fraîche. Le président américain R. Reagan relance la course aux armements et envisage un vaste programme de défense spatiale surnommé « star wars ». À partir de 1985, le président russe Gorbatchev ne peut rivaliser avec les EU en raison de difficultés économiques et relance le désarmement. Puis il décide de réformer l’URSS par 2 politiques : la glasnost (transparence) et la perestroïka (restructuration) qui libéralisent le système politique et économique.

Je vais plus loin

  2. La Guerre froide, par profnoailles

 B. La fin des empires : la décolonisation et l’émergence du Tiers Monde

 Je découvre

 

Je mets en pratique

 Activité 1 : la décolonisation, où et quand ?

Se repérer dans l’espace et le temps

Dossier pp 112-113

 Activité 2 : Un exemple de décolonisation, la guerre d’Algérie

Pratiquer différents langages : rédiger

Dossier pp 144-145 (Hatier) – Fiche 2

Activité 3 : l’échec du mon alignement

Analyser et comprendre un document

Doc 1 p 125 + Dossier pp 118-119

Je note le cours

  • Le contexte est favorable à la décolonisation :

– Les élites ont suivi leurs études en Métropole, n’acceptent plus la domination occidentale et tirent profit des idées et valeurs occidentales. Ex Hô Chi Minh au Viet Nam au nom des droits de l’Homme, de la liberté et de l’égalité.

– Les 2 Grands sont favorables à l’anticolonialisme : EU favorables à décolonisation car ancienne colonie ; URSS favorable au nom de l’anti-impérialisme ; ONU défend le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

– Les métropoles sont affaiblies par la guerre, par la propagande anticolonialiste des Japonais contre les Européens et par le rôle des colonies dans la victoire.

  • La principale phase de décolonisation se passe entre 1945 et 1962. En Asie, entre 1947 et 1954 et en Afrique entre 1956 et 1975
  • Certains pays obtiennent leur indépendance par la négociation

– En Asie : l’empire des Indes formé de l’Inde et du Pakistan dominé par le Royaume-Uni obtient l’indépendance en 1947 grâce à la non-violence et à la désobéissance civile de Gandhi et Nehru mais il y a partition du pays à cause des violences interreligieuses.

– En Afrique : la Tunisie et le Maroc obtiennent leur indépendance de la France en 1956 grâce respectivement à Habib Bourguiba et Mohamed V ; l’Afrique Noire française (Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun…) gagne son autonomie avec la loi-cadre Deferre en 1956 et l’indépendance en 1960

  • Certains pays obtiennent leur indépendance par la violence et la guerre :

– En Asie : l’Indochine d’Hô Chi Minh (communiste) proclame son indépendance en 1945. La France accepte mais la multiplication des attentats entraîne une guerre avec aide des EU dans le contexte de la Guerre Froide. La défaite française de Diên Biên Phu (7 mai 54) entraîne la signature des accords de Genève en juillet 1954 : le Laos et Cambodge sont indépendants, le Viet Nam est coupé en 2 (Nord communiste et Sud nationaliste) ce qui entraîne la guerre du Viet Nam dans le contexte de la Guerre Froide.

– En Afrique : l’Algérie est une colonie de peuplement française et un département français. Les premières émeutes éclatent en 1945 ce qui entraîne la création d’un mouvement nationaliste, le FLN (Front de Libération Nationale). La guerre dure de 1954 à 1962 avec une politique militaire de « pacification » : la France envoie l’armée, les appelés (ceux qui font leur service militaire) et abuse de la torture. Les accords de paix et d’indépendance, les accords d’Évian, sont signés en 1962 par le Général de Gaulle après la chute de la IVème République et de longues négociations. Les Pieds-Noirs rentrent en France massivement.

  • Les nouveaux États ne veulent se placer ni à l’Est ni à l’Ouest : c’est le Tiers Monde (Alfred Sauvy). Lors de la conférence de Bandung en 1955 réunissant les représentants de 29 États indépendants d’Asie et d’Afrique, le Tiers Monde s’affirme politiquement : ils condamnent le colonialisme, affirment le droit à la liberté et refusent l’alliance avec les blocs. Lors de la conférence de Belgrade (1961), Nasser (Égypte), Nehru (Inde) et Tito (Yougoslavie) décident leur neutralité par le non alignement. Mais les pays du Tiers Monde sont majoritairement pauvres et doivent demander de l’aide à l’un des deux blocs. À l’ONU, ils demandent des relations économiques plus justes entre pays riches et pauvres dans le cadre d’un nouvel ordre économique international. L’ONU crée alors un organisme pour le développement en 1965, le PNUD.

Je vais plus loin

1. La décolonisation, par profnoailles
C. La construction européenne : la communauté européenne

 Je découvre

 

Je mets en pratique

 Activité 1 : la construction européenne, où et quand ?

Se repérer dans l’espace et le temps

Fiche 3

 3H3.3

Activité 2 : les valeurs de la construction européenne

Analyser et comprendre un document

Doc 1 p 136 et 1 p 137

Je note le cours

  • La reconstruction économique accentue la séparation de l’Europe : l’acceptation ou le refus du plan Marshall marque l’inscription dans l’orbite américaine ou soviétique et ruine les espoirs d’unification portés par quelques personnalités politiques.
  • La construction européenne c’est le choix de l’ancrage à l’Ouest et de l’adhésion aux valeurs démocratiques et au libéralisme. L’enjeu majeur reste pour l’Europe de l’Ouest celui de la construction d’une paix durable. La réconciliation franco-allemande en apparaît comme la clé de voûte. Le traité de l’Élysée de 1963 scelle cette réconciliation et la coopération entre les ennemis d’hier.
  • 1951 : création de la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier) par six pays européens (RFA, France, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Italie). Les Français Robert Schuman (ministre des Affaires étrangères) et Jean Monnet (économiste) en sont les principaux instigateurs.
  • Mars 1957 : création de la CEE (Communauté Économique Européenne) par le Traité de Rome signé par les 6 pays de la CECA. Il s’agit de créer un espace de libre échange avec un marché commun et des politiques économiques communes. Ce traité crée aussi l’Euratom ou Communauté Européenne de l’Énergie Atomique.
  • Le but de ces 2 institutions est donc d’assurer la paix et la stabilité de l’Europe après la 2GM et donc éviter une nouvelle guerre. Il s’agit aussi de faire bloc face à la menace communiste en Europe et de développer les valeurs démocratiques. C’est avant tout une coopération économique entre différentes nations qui mène des politiques communes comme la PAC (politique agricole commune) dès 1962 ou une politique de l’aéronautique et de l’aérospatial (airbus et Ariane). En produisant ensemble, ils deviennent interdépendants, il est donc difficile de se faire la guerre.
  • Cet espace de paix et de prospérité attire d’autres pays comme le RU, l’Irlande et le Danemark en 1973. Puis elle s’ouvre aux anciennes dictatures d’Europe méditerranéenne redevenues des démocraties : Grèce (1981), Espagne et Portugal (1986). Les institutions européennes naissent : le Conseil Européen des chefs d’État et de gouvernement, la Commission Européenne (1974) et le Parlement Européen (1979).

Je vais plus loin

 3. La construction européenne, par profnoailles

 II. Après 1989 : un nouvel ordre mondial

 A. La fin de l’URSS et de la Guerre Froide

 Je découvre

Je note le cours

    • L’URSS assouplit son contrôle sur les démocraties populaires et en 1989, les communistes perdent les élections en Pologne et en Hongrie ce qui entraîne la chute du rideau de fer puis du mur de Berlin le 9 novembre 1989. Les régimes communistes s’effondrent en Europe de l’Est et l’Allemagne est réunifiée en 1990.
    • Les réformes du président Gorbatchev tournent au chaos. En 1991, le régime soviétique disparaît car les républiques proclament les unes après les autres leur indépendance. Gorbatchev démissionne de la tête d’un État qui n’existe plus, c’est la fin de l’URSS et de la Guerre froide.

Je vais plus loin

2. La Guerre froide, par profnoailles

 B. La construction européenne : l’Union Européenne

 Je découvre

Je mets en pratique

Activité 1 : la construction européenne, où et quand ?

Se repérer dans l’espace et le temps

Dossier pp 128-129 + fiche 3

Activité 2 : une étape essentielle, 1992

Analyser et comprendre un document

Dossier pp 130-131

Je note le cours

  • La fin de la Guerre Froide relance la construction européenne qui est marquée par le Traité de Maastricht de 1992. Ce n’est plus une simple communauté unie par le développement économique, c’est une union qui prévoit une intégration économique poussée avec une monnaie unique, l’Euro qui naît en 2002. Ce sont aussi de nouvelles coopérations politiques qui renforcent les liens entre les États-membres : une politique extérieure et de sécurité commune, une citoyenneté européenne, une politique de justice et d’immigration commune. Ce sont aussi des politiques communautaires : la libre circulation des hommes (espace Schengen depuis 1985), la libre circulation des étudiants (Erasmus depuis 1987). L’UE s’est dotée de symboles : l’hymne européen (hymne à la joie de Beethoven), un drapeau bleu à 12 étoiles en cercle, une journée spéciale (9 mai) et une devise (« unis dans la diversité »). La chute du « rideau de fer » ouvre tardivement l’Europe de l’Est à de nouveaux élargissements en 1995, 2004 et 2007. Les PECO (Pays d’Europe Centrale et Orientale) sont donc ancrés à l’Ouest et aux valeurs démocratiques malgré leur difficile redressement économique. En 2013, l’UE compte 28 membres.
  • Le blocage institutionnel né des « non » français et néerlandais au projet de traité constitutionnel en 2005, semble avoir été dépassé par le traité de Lisbonne signé en 2007 et entré en vigueur depuis 2010. Mais la crise récente montre que l’UE est incomplète car certains domaines ne sont pas totalement unifiés : les domaines fiscal, social, financier et budgétaire. Elle fait renaître l’opposition entre unionistes (partisans d’une simple union de pays) et fédéralistes (partisans de la création d’une fédération européenne et d’une intégration plus poussée). Mais elle fait aussi face à plusieurs crises majeures : crise de la zone euro, montée de l’euroscepticisme et des populismes, crise des migrants et Brexit (sortie du RU de l’UE)

Je vais plus loin

3. La construction européenne, par profnoailles
 C. D’un monde unipolaire à un monde multipolaire

 Je découvre

Je mets en pratique

Activité 1 : les relations internationales depuis 1989

Se repérer dans l’espace et le temps

Dossier pp 140-141

Activité 2 : un exemple de conflit, le génocide des Tutsis au Rwanda

Pratiquer différents langages : rédiger

Dossier pp 190-191 (le livre scolaire)

Je note le cours

  • Avec la fin de la guerre froide et l’effondrement de l’Union soviétique, la division du monde en deux blocs contrôlés par deux puissances dominantes touche à sa fin et un nouvel ordre mondial semble possible : un monde dominé par les Etats-Unis mais avec une coopération internationale plus poussée dans le cadre de l’ONU et l’expansion de la démocratie libérale. Mais très rapidement, le monde semble devenu unipolaire, dominé par les États-Unis devenus une hyperpuissance qui ne tient plus compte de l’ONU. Ces derniers cumulent tous les attributs d’une superpuissance (pouvoir de contrainte politique et militaire, capacité d’innovation économique et pouvoir d’influence) sans concurrent. Ils jouent les « gendarmes du monde » en Irak en 1991, en Bosnie en 1995. Mais les attentats du 11 septembre 2001 apportent la preuve que même une « hyperpuissance » n’est pas à l’abri d’une attaque terroriste. Les Etats-Unis se trouvent en difficulté militairement. Ils répliquent en attaquant seuls l’Afghanistan en 2001 pour renverser les Talibans puis l’Irak en 2003 pour renverser la dictature de Saddam Hussein. Mais cela ne met pas fin du terrorisme islamiste malgré la mort de Ben Laden en 2011.
  • Un monde multipolaire se dessine progressivement depuis la fin des années 2000. Il faut parler d’un monde multipolaire, mais unifié par la globalisation. Forts de leur réussite économique, les pays émergents ou ré-émergents comme le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine s’affirment d’abord comme des puissances régionales puis jouent un rôle de plus en plus important dans les relations internationales. Ils participent au G20 ou créent une association BRICS pour défendre leurs intérêts. L’ONU est plus efficace avec la fin de la Guerre froide mais a des difficultés à maintenir la paix et éviter les guerres surtout à cause des désaccords entre les puissances qui bloquent les interventions militaires comme en Syrie ou en Ukraine. De plus l’UE ne parvient pas à développer une politique étrangère commune.
  • D’anciens conflits persistent : frontières contestées (Cachemire, Corée), guerres civiles (Algérie, Soudan), conflits religieux doublés de conflits pour les ressources (Moyen Orient, Corne de l’Afrique, Afrique de l’Ouest). L’émergence de nouveaux États entraîne de nouveaux conflits comme en ex-Yougoslavie avec une sanglante guerre civile entre 1992 et 1995 que l’ONU, l’UE, l’OTAN et les EU ont du mal à faire cesser. Puis la Serbie tente une épuration ethnique au Kossovo et l’OTAN intervient en 1999. Certaines dictatures (Corée du Nord, Iran) cherchent à se doter de l’arme nucléaire. Les tensions se concentrent au sein de deux arcs des crises : du Proche Orient à l’Afrique Subsaharienne, des pays du Golfe à l’Asie du Sud Est.
  • Les cyberguerres et le cyberterrorisme constituent de nouvelles formes de conflit à l’échelle mondiale, bouleversant les logiques de guerre traditionnelle. De nouveaux dangers apparaissent comme le terrorisme islamiste. L’organisation Al-Qaïda se donne comme objectif d’ébranler l’Occident par des attentats aveugles contre des civils. Elle est concurrencée aujourd’hui par Daech. Le terrorisme fait du monde entier un champ de bataille potentiel : New York le 11 septembre 2001, Madrid le 11 mars 2004, Londres en 2005, Paris en 2015… Pour lutter contre le développement de la menace terroriste au Sahel et l’affirmation d’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb Islamique), la France intervient en 2013 au Mali.

Je vais plus loin

 4. Le monde actuel, par profnoailles